La littérature anthropologique n'est pas avare en matière de description du fonctionnement des institutions qui prennent en charge tout ou partie des activités des personnes qui les fréquentent sur un plus ou moins long terme : formes de hiérarchisation et de pouvoir qui organisent leur quotidien ; alliances, échanges, rites et stratégies développés par les membres du personnel, pensionnaires, visiteurs et autres usagers qui sont amenés à vivre ensemble, parfois durablement, dans les structures qui accueillent ces derniers, subviennent à leurs besoins, les détiennent ou les forment.

Focaliser l'attention sur les moments cruciaux de transition, sur les zones frontières, sur la production de coupures ou - à l'inverse - de continuités entre dispositifs institutionnels dédiés au vivre ensemble et sphères familiale, professionnelle, publique, juridique ou encore scolaire est, par contre, beaucoup plus rare. Cela permet pourtant d'analyser les enjeux que représente l'arrivée ou la sortie d'un nouveau - moments de mise en péril potentielle de l'équilibre des dynamiques collectives - et les rites qui y sont associés ; de mettre au jour des modes de perméabilité et de stabilisation de ces institutions ; de comprendre la façon dont ces dernières pensent et construisent ce qui leur est extérieur ; de saisir les enjeux qui précèdent et conduisent à un placement ainsi que les effets à plus ou moins long terme de la 'parenthèse structurante' que peut représenter un passage en institution ; d'éclairer la façon dont l'histoire des institutions ou la mémoire des résidents s'établit, via notamment la transmission des informations, lorsqu'il s'agit par exemple de passer d'un lieu de vie institutionnalisé à un autre.

Dans cette perspective, nous proposons de prendre comme points d'ancrage à la constitution du prochain dossier de Tsantsa 16.2011 les entrées en institution aussi bien que les sorties de ces mêmes institutions. Les institutions considérées sont celles qui prennent en charge professionnellement une série d'individus qui peuvent former une même communauté de destins sans nécessairement être répartis selon un principe hiérarchique : centres de détention ; internats ; foyers d'éducation ; homes pour personnes âgées ; hôpitaux psychiatriques ; unités de soins palliatifs ; centres d'accueil pour requérants d'asile par exemples.

Les articles peuvent, d'une part, documenter ces temps précis d'entrée ou de sortie qui obligent fréquemment des acteurs à la fois internes et externes à l'institution à se mettre en scène de manière ritualisée et à faire converger - de façon illusoire et éphémère bien souvent - des projets inscrits dans des temporalités distinctes. D'autre part, les articles peuvent analyser les différentes étapes du placement, le devenir post-institutionnel et les rapports entre une institution et son 'extérieur'. Ils contribueront ainsi au développement de la réflexion anthropologique sur les dynamiques de prise en charge institutionnelle et sur la façon dont les enjeux, les effets et les missions de ces dispositifs institutionnels sont négociés, perçus et vécus non seulement entre ceux qui les administrent et ceux qui y résident, mais aussi entre ceux qui contrôlent et/ou délèguent des compétences aux premiers et ceux qui forment l'entourage proche des seconds.

Sous un angle à la fois empirique et théorique, les articles peuvent prendre en compte les axes suivants, non exclusifs les uns des autres :

  1. Analyse de la fabrication des séparations ou des aménagements temporaires ou durables entre sphères institutionnelle, publique, privée, professionnelle, familiale ; description des règles qui dictent les rapports entre intérieur et extérieur des lieux de vie institutionnalisés et des modes de négociation de ces règles ;
  2. Analyse du moment précis de l'entrée ou de la sortie des institutions : fêtes, rites, démarches administratives lors du placement dans un home pour personnes âgées ; arrivée au centre de détention ; accueil dans un centre pour requérants d'asile ; prise en charge dans un foyer d'éducation spécialisée ; départ vers une autre institution ; dernier jour en prison ; mort d'un résident; préparation des entrées et des sorties au sein même des institutions ; rituels, bizutages, accueils ; remaniements internes; modalités de l'intégration au groupe ;
  3. Analyse des éléments qui, en amont de l'entrée, conduisent inéluctablement à prendre en charge une personne ; signes avant-coureurs, acteurs impliqués dans le 'dépistage', contacts préalables avec l'institution, recherche de solutions alternatives ;
  4. Analyse des éléments qui conduisent à la fin de la prise en charge institutionnelle : normes légales (passage à la majorité, fin de peine), décès ou réalisation d'objectifs prédéterminés (guérison dans un hôpital, renvoi) ; en aval du vivre ensemble institutionnalisé, regard sur les éventuels suivis postérieurs, sur la préservation de liens ou non avec les institutions sur le long terme ou avec certains membres du personnel.

Les articles peuvent être rédigés en français, anglais, allemand ou italien. Les propositions sont à adresser par Email, conjointement à Marc-Antoine Berthod (maberthod@eesp.ch) et Gaëlle Aeby (gaelle.aeby@unige.ch)

Calendrier

Les consignes à suivre pour la présentation des articles sont disponibles sur le lien suivant : http://www.seg-sse.ch/pdf/directives_Tsantsa.pdf
Vous pouvez aussi télécharger ce call for paper en format PDF.

Nous vous remercions de faire suivre cet appel à contributions à toute personne intéressée.

Délai (pour Tsantsa 16.2011) : 30 juin 2010

La rubrique "articles libres" accueille des articles originaux contribuant aux débats théoriques en anthropologie ou présentant des données empiriques sur des thèmes peu explorés. Les textes devraient ouvrir de nouvelles pistes de réflexion, formuler des hypothèses originales, proposer une relecture de concepts-clé ou offrir de nouveaux outils analytiques. Les papiers seront soumis à une double évaluation interne et externe par la revue Tsantsa.

Directives:

Les textes peuvent être envoyés (avec un court résumé de maximum 20 lignes) jusqu'au 30 juin 2010 au plus tard, à l'une ou l'autre des responsables de la rubrique:
Suzanne Chappaz-Wirthner, Saskia Walentowitz

Pour plus d'information - document pdf

Tsantsa, la revue suisse d'ethnologie, publie dans la rubrique "Recherches en cours" des articles de chercheurs suisses ou travaillant dans une institution en Suisse.

Comme le nom de la rubrique l'indique, les auteur-e-s présentent quelques aspects d'une recherche qu'ils/elles mènent actuellement. Cette rubrique offre ainsi la possibilité de faire le point et de diffuser une réflexion en cours d'élaboration (il n'est donc pas absolument nécessaire de présenter les conclusions d'une analyse aboutie).

Les articles publiés présentent généralement l'état d'une réflexion, les problématiques abordées, les questions que la recherche soulève et les projets (d'ordre thématique, théorique, méthodologique, etc.) qu'elle induit.

Chaque année, plus ou moins six contributions sont retenues. Les articles peuvent être écrits en français, en allemand ou en anglais. Chaque article correspond à environ 17'000 signes, espaces compris et bibliographie incluse.

Nous sommes actuellement à la recherche d'articles pour Tsantsa 16 qui paraîtra en mai 2011.

Veuillez envoyer votre article jusqu'au 1er octobre 2010 à :

—> Voir les directives aux auteur-e-s (document PDF).

Délais:
1er octobre 2010

La commission de rédaction et la commission audiovisuelle de la SSE organisent conjointement un appel à contribution pour un dossier iconographique. Les images primées seront publiées dans la rubrique « Essais en anthropologie visuelle » de Tsantsa.

Le but est de proposer une plateforme de documents iconographiques à visée anthropologique. Notre démarche part d'un double constat: alors même que voir et représenter sont deux démarches constitutives de la discipline ethnologique, le visuel se perd lors du processus d'écriture. De plus, à l'âge de la réalité virtuelle et de la reproduction digitale des images, les documents visuels offrent un champ de réflexion et de débat incontournable. Suscitant contestation et scepticisme, ils continuent de profiter de la magie des effets de réel qu'ils produisent.

Les modalités de participation à la mise au concours sont les suivantes: les personnes intéressées sont priées d'envoyer une proposition d'essai photographique. Cet essai doit comprendre une dizaine de photos présentant une thématique, ainsi qu'un texte de présentation et d'analyse, d’environ 10'000 signes, intégrant une réflexion tant sur le contenu que sur la forme. Le texte oriente et draine la lecture des images, dialogue avec les images, le visuel étant ici envisagé comme produisant du sens (et, en aucun cas, comme simple illustration d’un texte).

Les propositions sont évaluées en fonction de leur originalité thématique et conceptuelle, ainsi que sur des critères esthétiques. Les travaux en rapport avec la thématique du Dossier sont privilégiés mais ce lien n'est pas indispensable. Dans la mesure où Tsantsa ne contient pas d'images en couleurs, les contributions devront être conçues dans la perspective d'une reproduction en noir-blanc. Les images doivent être envoyées avec le texte d'accompagnement sur CD, DVD ou par mail dans un format suffisamment compressé (JPEG ou PDF). La publication se basera sur l'image originale.

Le prochain délai pour Tsantsa 16.2011 est fixé au 1er octobre 2010. Le délai est impératif dans l’intérêt de tous et de toutes.

Pour les propositions en français: Hélène Martin
Pour les propositions en allemand et en anglais: Astrid Wallner